04.03.2008
je ne voterai pas pour toi, alain rousset !
Il est 11h et j'ose enfin ouvrir le journal Sud-Ouest du 03 mars 2008. L'angoisse de vérifier ce que je pressentais depuis des semaines m'étreint le coeur. La question du jour de Sud-Ouest portera sur « faut- il créer un mémorial de la traite des noirs? ». Quand je l'ai appris en milieu de semaine dernière, j'ai aussitôt su que je ne pouvais plus esquiver. Que ma survie morale dépendait de l'attitude que j'aurais devant l'inéluctable. La lance sur le coeur, l'étreinte de la vierge, le lynchage par les « frêres ». A la question, « faut il créer un mémorial de la traite des noirs? ».
Un seul candidat a détourné les yeux: Alain Rousset! Je passe, Alain, sur les couleuvres que tu nous as fait avaler pendant ces semaines où la parole donnée fut piétinée par toi même et tes amis. Je passe aussi sur cette mascarade de réconciliation à laquelle je me suis prêté. C'est que, vendangés dans l'exclusion, notre corps a été
souvent tendu vers la reconnaissance. Ballottés d'un parti à l'autre, sans attaches parce que déracinés, sans repos parce que fils de l'inquiétude et d'une histoire massacrée; sans illusion parce que voués à la vision apre et nue, sans faiblesse parce que revenus des au-delà de l'enfer, nous nous abreuvions aux étoiles excessives qui, certes, déroutent mais préservent.
Malgré les incohérences de ton programme et de ta démarche, j'ai poussé mes amis vers cette fausse alliance. Et, là j'ai découvert un univers que j'étais loin de soupçonner. Les pratiques qui soutendent ta campagne sont aux antipodes de l'exigence éthique qu'expriment les bordelais. C'est pour cela que je n'ai pas voulu être sur ta liste car c'était cautionner ces pratiques et perdre définitivement mon intégrité. Mais, demeurait l'espoir d'un retour de la dignité, de l'éthique et du respect.
La réponse donnée à la question « faut il un mémorial de la traite des noirs? » a suffit à briser ma foi en la « Gauche ». « Ta gauche » n'a jamais fait de la mémoire de la traite des noirs un enjeu politique et intellectuel. Aucun « grand » universitaire de gauche ne s'est investi dans cette cause, pas une seule ligne d'un seul candidat aux élections, pas un seul discours politique sur ce crime contre l'humanité. Pourquoi est-ce si difficile pour la « Gauche » de répondre à l'exigence de mémoire, de reconnaissance et de diversité?
C'est qu'elle ne semble plus mue que par la défense d'intérets partisans, aux dépens de la cause des faibles, des exclus, de ceux dont la mémoire est tenue en marge de l'humanité. Pourtant beaucoup d'entre tes amis sont « parrains » de notre projet de mémorial, de Michèle Delaunay à Vincent Maurin, en passant par Pierre Hurmic et Jacques Respaud. Au nom de son intérêt partisan l'on assiste, indifférent, aux pires injustices, aux pires trahisons.
Nous savons maintenant que le simple transfert de pouvoir et d'avoir ne suffit pas à créer une nouvelle conscience plus humaine et plus respectueuse de tous les hommes, de leur égale dignité, de leur égale
mémoire. Je ne voterai donc pas pour toi, Alain! Je ne crois absolument pas à ton projet fumeux d' « Institut du Monde Africain » qui est sorti de la hutte d'on ne sait où. Ce projet n'a ni légitimité, ni pertinence à Bordeaux. Au nom, de quel principe encore va-t-on venir, encore, imposer aux citoyens, aux africains ce qu'il leur faut, ce qui est bien pour eux. Et c'est être à coté de la question. La mémoire de la traite des noirs n'est pas que l'affaire des africains, c'est d'abord l'histoire bordelaise, c'est aussi la mémoire antillaise et caribéenne et l'histoire de l'humanité entière. De son métissage, des pulsions de vie contre des programmes de mort. C'est l'histoire d'un crime contre l'humanité . Nous ne permettrons jamais que notre cause soit récupérée et noyée dans un projet incolore, inodore et sans saveur. Ce que les bordelais ont tenu à soutenir depuis une dizaine d'années, c'est une exigence de conscience, de réconcilier Bordeaux avec sa mémoire, de donner une sépulture digne à nos ancêtres, de travailler pour la connaissance de cette période de l'humanité qui explique le monde d'aujourd'hui. Notre démarche, loin de toute « repentance », est dans l'exaltation de la créativité, de l'inventivité, de la contribution que cette rencontre a apporté au monde. Notre projet est en route et les citoyens, ceux qui savent se souvenir, de partout dans le monde, le réaliseront un jour!
Je ne voterai pas pour toi, Alain Rousset!
Karfa Diallo
Président de DiversCités
01.03.2008
les blogs du nouvel obs/ Alliance Citoyenne: la fausse improvisation
Alliance Citoyenne : la fausse improvisation
Sacré défi que celui d’exister médiatiquement face aux candidats favoris… A Bordeaux, la liste Alliance citoyenne a choisi de multiplier sans complexe les coups d’éclat.
Dans la capitale girondine, tous les regards se sont naturellement focalisés sur le duel annoncé entre les deux Alain : Juppé, Maire sortant UMP, et Rousset, Président PS de la région Aquitaine ont tiré sur eux toute la couverture (médiatique) de cette campagne pour les municipales. Mais la liste Alliance Citoyenne est passée pro dans l’art de jouer les trouble-fête.
Menée par le centriste indépendant Marc Vanhove, la liste Alliance citoyenne est une liste d’union, regroupant le Parti Indépendant pour la Culture (PIC) de Stéphane Boudy et le Parti Citoyen Ecologiste Européen de Jean-Pierre Roche. Unis autour du projet « Bordeaux, capitale de la qualité de vie », les candidats de la liste Alliance Citoyenne, ont élaboré leur programme politique autour de quatre thèmes phares que sont la citoyenneté, la culture et l’art de vivre pour tous, l’économie performante et la solidarité, et enfin l’écologie urbaine. C’est autour de la question de l’aménagement urbain que les porte-drapeaux de l’Alliance Citoyenne s’autorisent toutes les audaces. Fustigeant certaines « erreurs accumulées » en la matière par la municipalité actuelle qu’ils accusent de « mépriser Bordeaux », les candidats de l’Alliance Citoyenne arpentent ensemble le centre-ville pour dénoncer ces contre-exemples et faire la publicité de leur vaste projet urbain. Pour susciter toujours l’intérêt des médias locaux malgré la récurrence de ces promenades, les candidats n’ont pas manqué d’imagination et d’originalité, assumant le risque d’être taxé d’extravagance…
Dandy à skis
L’Alliance citoyenne a théâtralisé chacune de ses interventions, aidée par le flamboyant Jean-Pierre Roche. Afin par exemple de critiquer la tortue de bronze d’Ivan Heimer, véritable « cheveu sur la soupe » qui trône Place de la Victoire, cet antiquaire à la ville a récité une fable à l’adresse de l’animal improbable. Pour dénoncer le pavage « casse-gueule » de la Rue Sainte-Catherine, grande artère commerciale de Bordeaux d’1,2 kilomètre de long, Stéphane Boudy et Jean-Pierre Roche ont tenté de la descendre à skis, devant des passants pour le moins pantois. Le coup fut assez réussi puisque les deux skieurs ont justement retenu l’attention des cyclistes et des patineurs, qui tout sourire, abondaient dans leurs sens, se disant parfois victimes de sacrées gamelles… Et Jean-Pierre Roche, accompagné d’un bonhomme de neige plastique, d’espérer : « Si tous les Bordelais qui sont tombés votent pour nous, nous ferons un sacré score ! ». A l’issue de quelques glissades, les deux candidats ont renoncé à leur pari de descendre la rue entièrement, et ont profité des micros et caméras pour développer leurs cinq propositions d’écologie urbaine, dont le refus du pont autoroutier, et l’embellissement des places publiques « ratées » comme la « place stalinienne » de Pey-Berland. En plus du geste, il y eu le bon mot : « L’aménagement urbain à Bordeaux, faut dire ce qui est sans resquiller pour me faire skier cela me fait skier ! » déclara le très solennel Jean-Pierre Roche. En guise de final, ils firent intervenir les citations hétéroclites de Mao Tsé Toung, René Char ou encore Rimbaud, sans oublier Chaban-Delmas, Maire de Bordeaux de 1947 à 1995 qui, jurent-ils dénonçait avant eux « la verrue du Parking Victor Hugo ». Ainsi donc se résume la stratégie de communication d’Alliance citoyenne : appâter les médias par la perspective de pouvoir traiter les municipales sous un angle farfelu, pour ensuite évoquer plus sérieusement les projets qui les tiennent à cœur.
Mais attention, la recette ne fonctionne pas uniquement pour la question urbaine. Malheur à ceux qui en ont ainsi prédit l’épuisement ! Le 24 février, les candidats de l’Alliance Citoyenne organisent ainsi « la ronde de la mono-parentalité » en face de l’Hôtel de ville, restant ainsi les chorégraphes de leur médiatisation.
Emmanuelle Bonneau
le 27 février 2008
22:25 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marc vanhove, alliance citoyenne, municipales bordeaux 2008
Le PIC réunit des citoyens bordelais de toutes sensibilités. Son but est de proposer un projet culturel ambitieux pour la ville de Bordeaux, de mettre en valeur les dispositifs existants et d'en créer de nouveaux. Il a vocation à soutenir des candidats aux élections municipales et cantonales. 
