08.05.2008

en mémoire des victimes de la traite des noirs

c5a4355f30425f403b4d0d8a3dbcbad4.jpgVENDREDI 9 MAI:

18h au Musée d'Aquitaine: Conférence avec Hans Fassler sur « la Suisse Esclavagiste » et Boubacar Boris Diop sur l'Héritage de Aimé Césaire.
20h30 devant le Palais de Justice(Ecole de la Mag): Parcours-Mémoire avec musiciens et comédiens dont Cheikh Sow et Yves Simone.

SAMEDI 10 MAI:

10h sur les quais des Chartrons (en face cité mondiale): Cérémonie Citoyenne en mémoire des victimes de la traite des noirs et de l'esclavage.
Ateliers de Création et concert de reggae en hommage à Bob Marley.

Renseignements: diverscites@gmail.com

31.03.2008

martin luther king place picard

9786865eabbced36bfb6272379e9e2fc.jpgDiverscités invite les citoyens bordelais à venir célébrer la parole de Martin Luther King, vendredi 4 avril à 18h30 Place Picard aux pieds de la statue de la liberté.


Ce discours fut prononcé sur les marches du Lincoln Memorial pendant la Marche vers Washington pour le travail et la liberté à Washington DC le 28 août 1963. Il illustre clairement le désir de voir dans le futur les Noirs et les Blancs coexister harmonieusement et vivre égaux.


"Je vous le dis aujourd'hui, mes amis, bien que nous devions faire face aux difficultés d'aujourd'hui et de demain, j'ai tout de même un rêve. C'est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain."
Je fais le rêve qu'un jour, cette nation se lève et vive sous le véritable sens de son credo : “Nous considérons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux.”
Je fais le rêve qu'un jour, sur les collines rouges de la Géorgie, les fils des esclaves et les fils des propriétaires d'esclaves puissent s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je fais le rêve qu'un jour, même l'État du Mississippi, désert étouffant d'injustice et d'oppression, soit transformé en une oasis de liberté et de justice.
Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur personne. Je fais ce rêve aujourd'hui !
Je fais le rêve qu'un jour juste là-bas en Alabama, avec ses racistes vicieux, avec son gouverneur qui a les lèvres dégoulinantes des mots interposition et annulation; un jour juste là-bas en Alabama les petits garçons noirs et les petites filles noires puissent joindre leurs mains avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme frères et sœurs.
Je fais ce rêve aujourd'hui.
Je fais le rêve qu'un jour chaque vallée soit glorifiée, que chaque colline et chaque montagne soit aplanie, que les endroits rudes soient transformées en plaines, que les endroits tortueux soient redressés, que la gloire du Seigneur soit révélée et que tous les vivants le voient tous ensemble.»

Vendredi 4 avril prochain, nous nous souviendrons du rêve de Martin Luther King, dans un monde en passe d'élire un président noir aux USA, une Amérique où règne toujours la peine de mort malgré la récente commutation de celle de Mumia Abu Jamal, des peuples Africains encore sous le joug de la collusion entre colonialistes noirs et blancs et une Europe incapable de tourner la page de son empire colonial en rendant les droits civiques accessibles à tous afin de réaliser une réelle société multiculturelle.

Diverscités

04.03.2008

je ne voterai pas pour toi, alain rousset !

c2ed0e6fa26370f1687ac137085fd11c.jpgIl est 11h et j'ose enfin ouvrir le journal Sud-Ouest du 03 mars 2008. L'angoisse de vérifier ce que je pressentais depuis des semaines m'étreint le coeur. La question du jour de Sud-Ouest portera sur « faut- il créer un mémorial de la traite des noirs? ». Quand je l'ai appris en milieu de semaine dernière, j'ai aussitôt su que je ne pouvais plus esquiver. Que ma survie morale dépendait de l'attitude que j'aurais devant l'inéluctable. La lance sur le coeur, l'étreinte de la vierge, le lynchage par les « frêres ». A la question, « faut il créer un mémorial de la traite des noirs? ».

Un seul candidat a détourné les yeux: Alain Rousset! Je passe, Alain, sur les couleuvres que tu nous as fait avaler pendant ces semaines où la parole donnée fut piétinée par toi même et tes amis. Je passe aussi sur cette mascarade de réconciliation à laquelle je me suis prêté. C'est que, vendangés dans l'exclusion, notre corps a été
souvent tendu vers la reconnaissance. Ballottés d'un parti à l'autre, sans attaches parce que déracinés, sans repos parce que fils de l'inquiétude et d'une histoire massacrée; sans illusion parce que voués à la vision apre et nue, sans faiblesse parce que revenus des au-delà de l'enfer, nous nous abreuvions aux étoiles excessives qui, certes, déroutent mais préservent.

Malgré les incohérences de ton programme et de ta démarche, j'ai poussé mes amis vers cette fausse alliance. Et, là j'ai découvert un univers que j'étais loin de soupçonner. Les pratiques qui soutendent ta campagne sont aux antipodes de l'exigence éthique qu'expriment les bordelais. C'est pour cela que je n'ai pas voulu être sur ta liste car c'était cautionner ces pratiques et perdre définitivement mon intégrité. Mais, demeurait l'espoir d'un retour de la dignité, de l'éthique et du respect.

La réponse donnée à la question « faut il un mémorial de la traite des noirs? » a suffit à briser ma foi en la « Gauche ». « Ta gauche » n'a jamais fait de la mémoire de la traite des noirs un enjeu politique et intellectuel. Aucun « grand » universitaire de gauche ne s'est investi dans cette cause, pas une seule ligne d'un seul candidat aux élections, pas un seul discours politique sur ce crime contre l'humanité. Pourquoi est-ce si difficile pour la « Gauche » de répondre à l'exigence de mémoire, de reconnaissance et de diversité?

C'est qu'elle ne semble plus mue que par la défense d'intérets partisans, aux dépens de la cause des faibles, des exclus, de ceux dont la mémoire est tenue en marge de l'humanité. Pourtant beaucoup d'entre tes amis sont « parrains » de notre projet de mémorial, de Michèle Delaunay à Vincent Maurin, en passant par Pierre Hurmic et Jacques Respaud. Au nom de son intérêt partisan l'on assiste, indifférent, aux pires injustices, aux pires trahisons.

Nous savons maintenant que le simple transfert de pouvoir et d'avoir ne suffit pas à créer une nouvelle conscience plus humaine et plus respectueuse de tous les hommes, de leur égale dignité, de leur égale
mémoire. Je ne voterai donc pas pour toi, Alain! Je ne crois absolument pas à ton projet fumeux d' « Institut du Monde Africain » qui est sorti de la hutte d'on ne sait où. Ce projet n'a ni légitimité, ni pertinence à Bordeaux. Au nom, de quel principe encore va-t-on venir, encore, imposer aux citoyens, aux africains ce qu'il leur faut, ce qui est bien pour eux. Et c'est être à coté de la question. La mémoire de la traite des noirs n'est pas que l'affaire des africains, c'est d'abord l'histoire bordelaise, c'est aussi la mémoire antillaise et caribéenne et l'histoire de l'humanité entière. De son métissage, des pulsions de vie contre des programmes de mort. C'est l'histoire d'un crime contre l'humanité . Nous ne permettrons jamais que notre cause soit récupérée et noyée dans un projet incolore, inodore et sans saveur. Ce que les bordelais ont tenu à soutenir depuis une dizaine d'années, c'est une exigence de conscience, de réconcilier Bordeaux avec sa mémoire, de donner une sépulture digne à nos ancêtres, de travailler pour la connaissance de cette période de l'humanité qui explique le monde d'aujourd'hui. Notre démarche, loin de toute « repentance », est dans l'exaltation de la créativité, de l'inventivité, de la contribution que cette rencontre a apporté au monde. Notre projet est en route et les citoyens, ceux qui savent se souvenir, de partout dans le monde, le réaliseront un jour!

Je ne voterai pas pour toi, Alain Rousset!

Karfa Diallo
Président de DiversCités