« La comédienne Maud Andrieux | Page d'accueil | Frédéric Denépoux en concert »
23.08.2007
Protégez vos oeuvres de la S.A.C.D.
Qu'est-ce que la S.A.C.D.? C'est la société des auteurs compositeurs dramatiques. Si le nom correspondait à la réalité il serait déjà plus juste de nommer cette organisme la société des auteurs compositeurs dramatiques parisiens... en effet, pour exemple, les droits d'auteur que l'on doit verser pour un spectacle sont calculés en fonction de critères parisiens... la possibilité d'une place de théâtre à 10 euros notamment ne peut être prise en compte... mais surtout si vous êtes un auteur (oeuvre radiophonique, cinématographique, de danse, de théâtre, de littérature...) ne protégez pas votre oeuvre auprès de la S.A.C.D. Pour deux raisons: tout d'abord parce que bien souvent ça ne sert à rien, personne ne viendra plagier votre ouvrage ou l'utiliser sans votre accord et quand bien même dans ce second cas ce n'est que quelques centaines d'euros que vous perdriez. Pour ce qui est du plagiat il représente un cas sur un million, autant dire presque aucune crainte à avoir... mais le plus grave n'est pas là. En effet, si vous souhaitez vous-même disposer de votre oeuvre pour une adaptation théâtrale ou céder gracieusement vos droits à un ami qui souhaite en disposer... la S.A.C.D. est en droit de vous réclamer une somme d'argent pour chaque représentation et c'est d'ailleurs ce qu'elle fait. Ses agents surveillent les spectacles en lisant le journal dans un nombre très important de villes françaises et vous appellent un beau matin en vous réclamant les droits d'une oeuvre dont vous êtes l'auteur, c'est assez courant. Que vous soyez l'auteur n'empêche pas la S.A.C.D. d'avoir des frais de gestion...
En revanche, si vous n'êtes pas membre de ce merveilleux organisme, vous faites ce que vous voulez et personne ne peut vous inquiéter...
Oui, c'est le monde à l'envers, ceux qui en théorie protègent, rançonnent...
Ce qu'il faut savoir c'est que la protection des oeuvres est un gros marché... et les "petits auteurs" très flattés d'appartenir à un si noble organisme s'y inscrivent... sauf que la véritable protection, celle-là utile et effective, a lieu pour les "gros auteurs", ceux qui jouent à Avignon dans le IN ou sont publiés chez Gallimard, ceux qui bénéficient d'une large diffusion soit 2 à 300 personnes en France, pas beaucoup plus... et les milliers d'autres paient pour protéger ceux-là. Il y a un aspect pyramidal... mais tout à fait légal celui-là.
Deux autres systèmes de protection des oeuvres sont beaucoup plus intéressants: l'un chez votre notaire pour une somme d'argent déterminée qui ne vous rend pas redevable ensuite. L'autre en vous postant à vous-même l'oeuvre en courrier recommandé, vous conservez ensuite l'enveloppe fermée jusqu'à ce qu'un problème un jour se présente mais c'est rare... et même tout à fait exceptionnel... juridiquement cela suffit amplement.
En attendant, des tas de créateurs se font rançonner en échange d'un service dont il n'ont pas besoin et peut-être d'une appartenance qu'une certaine partie de leur esprit réclame. Mais ce n'est pas la meilleure... ils le savent bien, au fond.
Le PIC
11:57 Publié dans Les sujets culturels du PIC | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Tout à fait d'accord. La SACD est une pompe à fric, et le risque d'être plagié dérisoire... A moins de s'appeler Camille Laurens...
Ecrit par : dominique boudou | 27.08.2007
Le PIC réunit des citoyens bordelais de toutes sensibilités. Son but est de proposer un projet culturel ambitieux pour la ville de Bordeaux, de mettre en valeur les dispositifs existants et d'en créer de nouveaux. Il a vocation à soutenir des candidats aux élections municipales et cantonales. 